Jean Christophe Macquet, mon actualité littéraire ...

Trois pintes de roman policier, une bonne dose de roman historique, deux sachets de roman fantastique, quelques grammes de nouvelles, cinq gouttes de poésie, et des litres d'informations classées ou en vrac... sur moi, sur d'autres, sur le foot... etc ...

30 novembre 2007

l'anneau de la Myère

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Printemps 1202. Une créature diabolique ensanglante villages et hameaux sur la rive nord du fleuve Canche. La terreur atteint son paroxysme lorsque le mayeur d'Etaples est assassiné dans sa propre demeure, pourtant à l'abri des remparts de la cité...


ce roman médiéval, un peu fantastique, nous fait voyager dans le temps, dans notre Boulonnais, à Étaples et sa région, près de l'étang de "la Myère", ancien nom de "l'étang du Roy" de Camiers, avec des personnages qui ont réellement existé, comme Eustache BUSKET, encore appelé Eustache Le Moine, sénéchal du comte de Boulogne.

Le roman de Jean-Christophe a été édité en 1997 par les éditions P.P.P., devant le succès des ventes, l'éditeur Ravet-Anceau l'a réédité en 2006.


Le début du premier chapitre, pour vous tenter un petit peu plus …

CHAPITRE PREMIER

Printemps 1202

Maître Bertrand se pressait. La lune était ronde comme un oeil, le terrible regard d'un démon qui semblait se glisser au plus profond de son âme dès que le mayeur étaplois levait les yeux avec terreur vers le ciel. La nuit était tombée depuis assez longtemps déjà. Le détestable moine responsable de la bibliothèque et du scriptorium de l'Abbaye de Saint Josse s'était une fois de plus montré particulièrement réticent et il avait fallu l'intervention du nouveau prieur pour que l'accès à certains ouvrages particuliers, très particuliers même, lui fût accordé, mais sans le loisir de les consulter en toute sérénité, en effet le bibliothécaire était resté collé à lui comme s'il craignait que le livre ne disparût sous le large manteau de l'Étaplois. Pourquoi frère Sylvius était-il parti, le laissant seul avec son secret? Lentement, irrémédiablement la fine poussière du temps avait envahi la partie basse du sablier et les derniers rayons du soleil n'étaient plus qu'un lointain souvenir lorsque le cavalier dépassa le bac d'Énocq, immobile pendant la nuit, pour filer vers le gué d'Hilbert face à la maladrerie à l'entrée de l'embouchure de la Canche.En 1127, Louis le Gros, roi de France, avait encouragé les cités à se doter d'une représentation. Quelques années plus tard, par ordre du comte de Boulogne, Étaples se voyait pourvu d'un mayeur, d'un vice-mayeur ainsi que de quatre échevins. Leurs prérogatives semblaient dérisoires à côté des pouvoirs du bailli qui régnait véritablement sur la petite bourgade et ses villages alentours au nom du comte, du haut des murailles de la forteresse dont il était également le gouverneur, mais maître Bertrand savait que bientôt, dans un an, dans dix, dans cinquante ans une charte serait signée et érigerait Étaples en Commune comme Montreuil et Waben en Ponthieu.
Bertrand soupira et donna désespérément de grands coups de talons à sa monture afin que l'animal se pressât davantage. Après avoir traversé le fleuve vidé de son eau par la marée descendante, le cavalier, aidé grandement dans cette délicate opération par la forte clarté de l'astre de la, nuit, choisit de quitter l'ancienne voie romaine et de prendre l'étroit sentier qui suivait le fleuve le long des verdins, un raccourci qui devait le mener droit à Étaples. Dieu que le chemin .était long, et quelle folie surtout cette escapade au monastère, mais le jeu en valait vraiment la chandelle. Soudain
Une petite chose déboula devant le cavalier, le reflet de la lune sur l'eau toute proche permit à Bertrand de voir que ce n'était qu'un lièvre. Mais la mule surprise avait stoppé net et quelques instants plus tard le bourgeois se retrouva assis sur le derrière au pied d'un arbuste. Il se releva avec difficulté et s'efforça malgré les fesses endolories de se remettre en selle. Toutefois la stupide monture ne daignait avancer et ce ne fut qu'au prix de plusieurs coups de pied que notre homme pu reprendre la route. Quelques minutes plus tard il se surprit à prier, puis à chanter, pour se donner du courage, certes, mais surtout pour oublier. Oublier que le diable avait pris possession d'Étaples et des villages qui entouraient le petit port.
Tout avait commencé il y a un mois environ. Une villageoise de Camiers avait disparu sans laisser de traces. Deux jours plus tard un paysan retrouvait le corps exsangue, la gorge tranchée. On remarqua d'innombrables morsures sur la majeure partie du cadavre dénudé. Depuis ce jour, sept personnes avaient disparu entre Camiers et Étaples et autour de Rombly et avaient été retrouvées, à moitié dévorées, disait-on par une bouche humaine. Bertrand ne risquait rien, ou plutôt il le pensait; malgré tout un étrange sentiment proche de la panique s'emparait de lui dès qu'un bruit insolite venait troubler ses prières. Les lumières du château furent bientôt en vue et quelques minutes plus tard le mayeur franchissait avec soulagement la porte de Rombly. Quelques dizaines de mètres plus loin il prit à droite et entreprit de monter la rue de Saint Pierre, mais la mule épuisée s'y refusa. Bertrand mit pied à terre et entraîna sa monture jusqu'en haut de la butte du Cronquelet. Il tourna ensuite dans la rue du Choeur et s'arrêta devant la dernière bâtisse avant l'église Saint Nicolas. Il était enfin chez lui. Il contourna la maison et appela Clément, le vieux serviteur, qui en toute logique devait attendre son retour et avoir rempli d'eau brûlante le grand baquet pour le bain de son maître. Dame Gertrud devait être assise au coin de la cheminée peut-être en compagnie de la femme d'un de ses compères et la grande table croulait sans doute sous les pâtés et les harengs préparés avec minutie par la vieille Éponia, l'antique épouse de Clément. Le maître de maison attendit quelques minutes. Comme personne ne venait à sa rencontre, il accrocha la mule à un petit arbre devant l'entrée du jardin en attendant qu'elle puisse réintégrer l'écurie. Intrigué, Bertrand poussa la porte qui n'était pas fermée et entra dans la maison. La salle qui occupait en grande partie le rez-de-chaussée juste à côté du magasin et de l’atelier était plongée dans une obscurité quasi totale. Seules quelques braises dans la cheminée apportaient un minimum de clarté. Inquiet maintenant,…

Posté par JCMacquet à 09:20 - "L'anneau de la Myère" - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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