04 décembre 2007
quelques poésies inédites ...
Peut-être seront-elles éditées un jour, peut-être pas ...
Elles sont extraites d'un recueil d'une trentaine de textes, intitulé "Fin de loup" qui, comme le titre l'indique, évoque le loup sous toutes ses coutures en insistant tout de même sur le côté victime de l'animal...
Le premier texte évoque bien évidemment la Bête du gévaudan qui n'était pas un loup mais certainement un sadique qui se faisait passer pour tel. Le second est sans commentaire. Le troisième aborde le mythe du loup-garou et fait allusion au Satyricon de Pétrone. Le quatrième évoque un jeune loup affamé, le cinquième la montagne défigurée et le dernier la sélection naturelle.
La plus belle fille du Gévaudan
Pourquoi l’ai-je croqué ?
Mais je ne l’ai pas croqué,
c’est son amant !
Tout du moins celui qui voulait le devenir,
comme il souhaite devenir Evêque.
Plus tard.
Un beau métier,
représenter le diocèse aux Etats Généraux.
C’est lui, je l’ai vu,
j’étais embusqué,
je guettais la fille mais pas pour les mêmes raisons.
Enfin, il ne l’ a pas vraiment croqué.
Il était une bergère !
Il voulait, elle ne voulait pas
il l’a étranglé et troussé son jupon !
Puis seulement ensuite
il l’a croqué.
Curieux pour un futur pape.
Evidemment c’est encore pour ma pomme !
Bouc émissaire
L’homme est un loup pour l‘homme.
Il faudrait plutôt écrire :
L’homme est un homme pour le loup,
l’homme est un homme pour le laid,
l’homme est un homme pour le lent,
l’homme est un homme pour le lard,
l’homme est un homme pour
celui d’en bas,
le différent.
L’homme est un homme pour
l’individu oméga
l’homme est un homme pour l ’homme,
l’homme est un homme pour la femme,
L’homme est parfois un bouc…
Un bouc émissaire…
Un loup …
Nicéros
Etrange compagnon de voyage.
Légionnaire permissionnaire,
égaré,
loin de son campement.
Au chant du coq,
la lune brillait comme en plein midi.
Inquiétante métamorphose
au milieu des sarcophages
invraisemblable pas de danse
tunique pétrifié par la peur
Intellexi illum
versipellem esse …
Faim de loup
La faim fait sortir Jean Loup Dubois.
A la sonnerie,
vers la cantine.
Faim pantagruélique,
estomac qui gronde.
Il a les crocs, le gars Dubois.
Il court vers son destin,
tel un prédateur.
Prédestination.
Porter un tel prénom.
Il a dévoré sa gomme
déchiqueté son crayon.
Il se ronge les ongles
Jusqu’au sang
Il se ronge les sangs
Jeune homme en sa croissance,
a un loup en la panse.
Vacances en montagne
Pra – Loup,
Le pré du Loup.
Incisives dressées vers le soleil
Mégalithes de béton
Qui déchirent les nuages.
Molaires d’acier sur chenilles
qui laminent et broient
la croûte du temps.
Virginité souillée
virginité aplanie
solitude que l’on brise.
Termitières éphémères
les portes s‘ouvrent
aux premières neiges.
Papillotte
Loup de mer
aux dents acérées
petit monstre des mers.
Revers de la médaille,
sélection naturelle
destinée biologique.
Je l’ai découpé au couteau
tranché la tête
sectionné la queue.
Je lui ai ouvert le ventre
arraché la colonne vertébrale
cuit au four, fenouil et vin blanc.
Il n’a pas crié.
Dieu sait ce qui nous arrivera
un jour.

